Art Basel, moins de monde mais toujours au top (FR)

17 June 2016

© Copyright 2016 Happening. Clotilde Scordia

La grand-messe de l’art contemporain est ouverte depuis lundi et déjà l’on sait que cette édition battra encore tous les records de ventes. Si la foire se voit délaissée par de nombreux visiteurs américains apeurés par l’image transmise par les médias d’une Europe bousculée par les attentats, les grèves et autres débordements en parallèle de l’Euro 2016, le cru 2016 d’Art Basel est une nouvelle fois un succès grâce aux collectionneurs les plus tenaces.

Soyons rassurés, le marché de l’art se porte bien, très bien même, au vu des ventes stratosphériques annoncées dès l’ouverture de la foire lundi dernier. Le Tomato Head (Green) du sulfureux Paul McCarthy a été vendu dès l’ouverture à un collectionneur américain pour $4,750,000 (source artnet) par Hauser & Wirth. Mais dès jeudi, la pression était retombée et les VIP et autres « first choices » cédaient peu à peu la place au grand public. Le hall du rez-de-chaussée alloué davantage aux modernes et big ones semblait plus fréquenté que l’étage des contemporains. Malgré ce schéma répétitif d’une année sur l’autre, les galeries conservant le même emplacement que les années passées, quelques nouveautés, notamment chez Selma Feriani qui consacre un solo show à Massinissa Selmani, jeune artiste algérien qui se consacre au dessin et auréolé de la mention spéciale du jury de la Biennale de Venise l’an dernier.
Chez kaufmann repetto (Milan, New York), on découvrait Screen Shot R. M., d’une autre jeune artiste talentueuse, Latifa Echakhch (Prix Marcel Duchamp 2013 et lauréate du Zurich Art Prize 2015). Une seconde oeuvre de cette série était également présentée par Dvir (Tel Aviv, Bruxelles). Toujours chez Dvir, on a aimé Ariel Schlesinger et son travail sur les matériaux brûlés, (ici une toile mais aussi un tapis turkmène chez Gregor Podnar) et on l’a retrouvé sur Unlimited présenté par la galerie italienne Massimo Minini avec le projet Two Good Reasons, délicate chorégraphie de deux panneaux en polypropilène semblant s’embrasser (voire s’apprêtant à s’embraser).

Sfeir-Semler (Beyrouth) est venue avec des pièces de Preface to the third edition_Acknowledgements _Fragment II,  une œuvre patchwork d’Yto Barrada et des photos d’Akram Zaatari.

Unlimited, curaté pour la 5ème fois par Gianni Jetzer, fait la part belle aux projets monumentaux. On en compte 88 cette année, dont Jannis Kounellis et son installation porte-manteaux-poignards transperçant des vestes noires lacérées (Sprovieri) ; Tracey Emin et sa pièce de miroirs et néons roses The more of you the more I love (Xavier Hufkens, Lehmann Maupin, White Cube) ; Alicja Kwade,Out of Ousia, et son jeu de miroirs et réflexions minimalistes.

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+Share on LinkedInPin on Pinterestshare on Tumblr