L’exposition se conclut avec Esquisse et Foyer, dans une salle à la luminosité éblouissante. Un drapeau blanc flotte, fouetté par les vents, et donne l’impression d’être diffusé en accéléré tant nous étions jusque-là habitués à des tempos lents. La même lumière blanche habite l’écran de Foyer. Ici, Ismaïl Bahri a paré la lentille de sa caméra d’un cache. Si celui-ci obstrue notre vision, il se teinte de la luminosité des rues de Tunis où l’artiste flâne, et vibre selon les courants d’air.

Le cache se pare ainsi des tonalités de l’environnement dans lequel l’artiste évolue et, surtout, de par son caractère incongru, sert d’intercesseur entre l’artiste et les passants qu’il croise. Dès lors, l’écran, plutôt que de nous livrer un contenu représentationnel, accueille les dialogues fortuits qui naissent lors des pérégrinations d’Ismaïl Bahri. Finalement, c’est une réflexion sur le processus vidéo qui se cristallise ici. La caméra est à la fois un foyer lumineux et un foyer autour duquel les passants se réunissent pour interroger le protocole de l’artiste et la fonction de l’art.