Massinissa Selmani Expose Sa Discorde Au Palais De Tokyo (FR)

18 April 2018

© Copyright 2018 ONORIENT. Amira Louadah 

Dans le cadre de la saison Discorde, Fille de la nuit au Palais de Tokyo, se tenant jusqu’au 13 mai 2018 à Paris, Massinissa Selmani, artiste algérien révélé lors de la Biennale de Venise 2015, nous plonge dans une auto-fiction documentée, intitulée Ce qui coule n’a pas de fin Un voyage à coups de crayons et de collectes de documents.

Massinissa Selmani ancre ses travaux dans une immense page blanche : celle de l’histoire du séjour de Louise Michel en Algérie. 

De ce séjour, nous ne gardons que peu de traces. Il trouverait son origine en Nouvelle-Calédonie, alors que Louise Michel, figure anarchiste et féministe imminente du 19ème siècle, y est déportée. Elle y côtoie des algériens, insurgés kabyles de 1871, avec lesquelles elle sympathise. À sa libération, elle promet de leur rendre visite en Algérie. Ce qu’elle fait, en Octobre 1904. Accompagnée d’Ernest Girault, ils y effectuent une série de conférences, dénonçant militarisme, oppression et exploitation coloniale.

En 2007, Clotilde Chauvin, professeur et documentaliste, répare en grande partie le trou de cet épisode algérien. Elle procède à la reconstitution de ce séjour grâce à la recherche d’indicesToutefois, des zones d’ombre persistent. Et c’est précisément dans ces dernières que Massinissa Selmani semble s’être niché.

Dans Ce qui coule n’a pas de fin, des personnages dessinés s’incrustent dans les documents de recherches de l’artiste. On les dévisage : ils sont révoltés, revendicateurs, de tout sexe et de toute génération.

Avec beaucoup d’humour et de délicatesse, Massinissa Selmani se sert du recadrage, du montage et du collage, pour détourner notre perception des images. Il parvient ainsi à révéler l’absurdité des situations et des comportements humains.

Entre télescopages anachroniques et imbrications dissonantes, il truffe ses productions d’indices. Il revient au visiteur de les deviner, ou le plus souvent de les supposer.

Les espaces mentaux créés par Massinissa Selmani ne sont pas aisés à lire. Mieux vaut alors se les approprier et se laisser guider par ses propres visions oniriques.

 

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